20.09.2013

Le mas Berdaguer s'ouvre au public

Sorède

Le mas Berdaguer s'ouvre au public

JournéePatrimoine2013.jpg
Un mur en pierres sèches en construction. En médaillon : Claude Berdaguer explique

Le patrimoine de Sorède est riche et divers. Les Journées du patrimoine le démontrent tous les ans.

pierres sèches,murs,canalCette année, l'association Pastor a innové en créant, pour ce 14 septembre patrimonial, un partenariat avec Claude Berdaguer qui a ouvert au public la propriété familiale avec  son impressionnant réseau de canaux d'irrigation et de murs en pierres sèches.
Pour une des toutes  premières fois à Sorède, un particulier et une famille acceptaient de faire partager un patrimoine du domaine privé.

Le mas, 30 hectares et 3 ravins sis entre ND du Château et la Vallée Heureuse, est propriété des Berdaguer depuis 1939.
A l'époque la culture en terrasse était riche de plus de 5000 arbres fruitiers retenus par plus de 20 km de « feixes » ou tallats ou murs en pierres sèches.
Des fossés, également en pierres sèches collectent l'eau de la montagne dans un triple but :
- protéger les terrasses en évitant de perdre la terre des cultures,
- remplir les deux bassins d'irrigation (10 et 90m3),
- alimenter les agouilles du piémont.

pierres sèches,murs,canalCes techniques sont ancestrales : les Albères sont « domestiquées » depuis le Xe siècle, les seigneurs ont distribués des pans de montagne incultes à charge pour les habitants de les mettre en valeur (au bout de 30 ans d'entretien ils pouvaient les léguer à leurs enfants).
C'est ainsi qu'est née la culture en terrasse qui a perduré jusqu'au XXe siècle.
Lors d'un incendie, en 1978, les fruitiers ont disparu et le domaine est maintenant couvert de chênes liège, de châtaigniers et d'arbustes pour l'industrie des piquets. Des tentatives de planter des ormes, des érables sont restés vaines.

pierres sèches,murs,canalLors de deux visites organisées par Pastor, Claude Berdaguer a pu montrer et expliquer à une soixantaine de personnes, les prouesses architecturales que constituent ces canaux et ces murs dont le plus important fait 4,5 m de haut avec une base de près de 2m !  Il est envisagé une école pour apprendre à construire en pierres sèches.
pierres sèches,murs,canalOn n'imagine pas, en randonnant dans les Albères, qu'à quelques mètres, une telle richesse patrimoniale survit grâce à la pugnacité de quelques hommes amoureux de leur mas. Cette richesse est pour l'instant préservée et entretenue, effort considérable.

On ne peut croire que les responsables départementaux et régionaux du patrimoine n'y contribuent pas à court terme en offrant aide technique et financière car sinon, ce seront des siècles de labeur et de savoir-faire qui disparaîtront.

Les commentaires sont fermés.